VIH antilles

VIH/sida INPES

Connaissances et perceptions des habitants des Antilles-Guyane

Les premiers résultats de l ‘enquête KABP 2011-2012 (Knowledge, attitudes, beliefs and practices), consacrée à la connaissance et à la perception du VIH/sida dans les départements français d ‘Amérique (DFA), et au comportement de la population face au virus, sont disponibles.

Cette étude a été menée de juin 2011 à février 2012 par l ‘Observatoire régional de santé d ‘Île-de-France et l ‘Inpes, en collaboration avec l ‘Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS). Les résultats présentés ci-après concernent les personnes âgées de 18 à 69 ans. Ils ont pu être comparés aux données de la première enquête KABP DFA2004 et de celle menée en métropole en 2010.

La peur du sida

Parmi les risques les plus redoutés, 60 % des Guadeloupéens et des Guyanais, et 61 % des Martiniquais ont déclaré craindre « beaucoup  » le VIH/sida (contre 13 % seulement des métropolitains). Une appréhension qui devance ainsi celle du cancer (56 %) ou de la dengue (36 %).

La transmission du virus

Si la majorité des personnes interrogées connaît les modes de transmission du virus (98 % en Guadeloupe et en Guyane, 99 % en Martinique – des chiffres en hausse par rapport à 2004), certaines fausses croyances persistent. Environ une personne sur cinq pense, par exemple, que le VIH peut se transmettre par une piqûre de moustique. Toutefois, ces croyances sont en recul en Guadeloupe et en Martinique. Et la connaissance des modes de contamination dans les Antilles-Guyane est aujourd ‘hui comparable à celle enregistrée en métropole.

Le préservatif

Concernant le préservatif, près de 90 % des sondés estiment qu ‘il constitue une protection efficace contre le VIH/sida. Cependant, seuls 57 % des personnes interrogées le considèrent comme un moyen de prévention « tout à fait efficace « , contre 69 % en 2004. En outre, seulement 29 % estiment que son usage est « banal « , contre 38 % lors de la première étudeKABP DFA. Le préservatif n ‘en demeure pas moins largement utilisé lors du premier rapport sexuel (87 % des hommes et 84 % des femmes, contre 76 % et 79 % en 2004) et par les publics potentiellement les plus exposées au risque, comme les multipartenaires avec 86 % d ‘utilisateurs masculins. Son usage au cours des douze mois précédant l ‘enquête se maintient par ailleurs à un niveau important : 48 % des hommes et 33 % des femmes y ont eu recours au moins une fois dans l ‘année – des proportions supérieures à celles observées en métropole où elles sont respectivement de 34 % et 26 %.

Le dépistage

Le dépistage du VIH dans les trois DFA a fortement progressé entre 2004 et 2011 et pas seulement chez les publics les plus exposés. La proportion de personnes n ‘ayant jamais fait le test est ainsi passée de 44 % en 2004 à 28 % en 2011. En outre, le recours au dépistage au cours des douze derniers mois est de 26 % en 2011 contre 18 % en 2004. Enfin, 80 % des sondés adhèrent au principe d ‘un test annuel pour « tout le monde  » et 97 % accepteraient de se faire dépister si leur médecin le leur proposait.
Du côté des traitements antirétroviraux, 59 % des personnes interrogées en ont entendu parler. En hausse par rapport à 2004, ce chiffre reste encore inférieur à celui de la métropole (66 %).

La stigmatisation

Si la stigmatisation des personnes séropositives recule, elle reste plus élevée qu ‘en métropole. Ainsi, 91 % des Martiniquais, 90 % des Guadeloupéens et 84 % des Guyanais accepteraient de travailler avec une personne atteinte (contre 94 % des métropolitains). De la même façon, respectivement 59 %, 56 % et 53 % d ‘entre eux accepteraient de lui laisser leur enfant ou leur petit-enfant (contre 70 %).

Cette enquête livre des premiers chiffres encourageants, notamment au regard des stratégies de prévention et d ‘incitation au dépistage mises en œuvre ces dernières années. Néanmoins, certaines populations – les personnes les moins diplômées, les femmes et les jeunes – apparaissent encore particulièrement vulnérables au risque VIH et nécessitent des actions de prévention innovantes et plus ciblées.

À noter : l ‘ensemble des résultats sera publié au premier trimestre 2014.

Incidence du VIH dans les Antilles-Guyane

L ‘épidémie reste très active dans les départements français d ‘Amérique (DFA) malgré une tendance à la baisse entre 2005 et 2010. Dans ces départements, le nombre de nouveaux cas annuels pour 100 000 personnes est ainsi de 59, sur la période 2009-2010, contre 17 au niveau national. En la matière, de grandes disparités existent entre les trois DFA. En effet, la Guyane et la Guadeloupe présentent respectivement des taux de 147 et 56 pour 100 000 personnes, contre 17 en Martinique.
Territoires prioritaires dans la lutte contre le VIH/sida depuis 2001, les DFA bénéficient de programmes de prévention ciblés, menés par le ministère chargé de la santé et l ‘Inpes, mais aussi par les agences régionales de santé, les associations, les centres de coordination régionale de la lutte contre le VIH ou encore les professionnels de santé. Ces programmes ont été développés dans le cadre du « Plan national de lutte contre leVIH/sida et les IST 2010-2014 en direction des populations des départements d ‘outre-mer « . Le renouvellement de l ‘enquête KABP est inscrite au titre de la mesure 21 de ce plan, qui prévoit de « renforcer les connaissances sur l ‘évolution des comportements sexuels « .

 

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